La sécurité et le bien-être des ouvriers doivent être une priorité pour les entreprises d’espaces verts, notamment pour prévenir l’usure professionnelle et les accidents du travail. Cela passe par des Equipements de Protection Individuelle (EPI) de qualité et adaptés aux métiers du paysage conformément aux normes en vigueur, où le travail en extérieur, les intempéries et les engins lourds et coupants ne sont pas sans risque pour les jardiniers. Retour sur les bonnes pratiques et les nouveautés en matière d’EPI.

© Molinel

Les métiers liés aux espaces verts (jardiniers, élagueurs…) sont des métiers physiques, où de multiples risques pèsent sur la santé et la sécurité des salariés. Utilisation de matériels motorisés lourds, bruyants et coupants (tronçonneuse, élagueuse, rotofil), postures contraignantes répétées et prolongées (désherbage, tonte, coupe-bordures…), conditions météoro-logiques parfois mauvaises (pluie, froid, gel, neige, brouillard, canicule…), le corps est mis à rude épreuve. Sans oublier les risques liés aux lieux d’intervention (trafic routier, travail en hauteur) et “le manque de visibilité, notamment pour les travaux de nuit ou en zones difficilement identifiables” souligne Bérénice Monteil, responsable relations publiques de Husqvarna. Ainsi, en accord avec le code du travail, pour respecter la sécurité des salariés et prévenir l’usure professionnelle, les employeurs doivent fournir des EPI de qualité à leurs salariés, tout en s’assurant qu’ils sont bien portés. Dans cette optique, les fournisseurs innovent pour vous proposer des équipements plus légers, améliorant le confort de l’utilisateur, tout en présentant un design étudié, pour travailler avec style !

Recommandations pour le bon port des EPI
Une analyse préalable des risques qui, comme le rappelle Henri Milhe-Poutingon, directeur commercial de Solidur : “permet de travailler en sécurité. Les formations sur les protections collectives et individuelles sont, à ce titre, particulièrement bénéfiques pour les entreprises de paysage. Aussi, même si le port d’EPI limite les risques, il ne faut pas oublier que l’on ne peut pas se protéger à 100 % et qu’un EPI ne remplace pas une bonne pratique !”. Serge Masset, ingénieur spécialiste pour la ‘Protection Individuelle’ de 3M précise : “en effet, l’EPI n’est pas là pour limiter les risques, mais bien pour limiter les conséquences du risque. Pour déterminer les EPI adéquats, il faut hiérarchiser les risques qui sont nombreux : risques de coupures/lacérations (mains, visage, jambes) par outil manuel ou mécanisé ; risques de chute ; risques auditifs ; risques de chocs (branches, matériel de jardinage…) ; risques respiratoires (poussières de bois, pollen, produits chimiques) ; risques oculaires (poussières, projections de particules) ; troubles musculo-squelettiques (posture, gestes…) et risques biologiques (morsures d’animaux, piqûres insectes…)”.
Une nécessaire prise d’habitude du port des EPI, “même si cela paraît gênant au départ” souligne Marine Elek, chargée de ‘Marketing & Communication’ chez Rostaing. Celle-ci ajoute : “il faut habituer son cerveau le temps nécessaire pour, qu’ensuite, le fait de sentir ses mains nues au travail, par exemple, soit perçu comme une alerte, une gêne”. Un port intégral de l’ensemble des équipements de sécurité (veste + pantalon) est vivement recommandé afin de limiter au maximum les risques. Il ne faut pas se limiter uniquement à un seul équipement ou vêtement, la protection ne sera pas optimale. Des vêtements adaptés à l’utilisation visée : les propriétés ne sont pas les mêmes en fonction de l’activité réalisée “par exemple, ne pas utiliser des EPI destinés au grand public pour un usage strictement professionnel, ou encore des protections conçues pour un usage unique pour une utilisation à plein temps” rappelle Cécile Goardon, chef de marché services et accessoires forêt de Husqvarna. Et Serge Masset d’ajouter : “il faut également s’assurer de la bonne compatibilité entre EPI lors du port de plusieurs d’entre eux. De plus, il est important d’impliquer dès le début l’utilisateur dans le choix de l’EPI et de le former à son utilisation et à son entretien”. Un entretien régulier, pour que les équipements soient efficaces. A l’instar du nettoyage, notamment pour les vêtements anti-coupures afin de préserver les fibres. Dès la moindre déchirure, le vêtement doit être changé.

T-shirt, vestes et pantalons
Au niveau vestimentaire, le choix est très large parmi les nombreuses gammes proposées par les différents fournisseurs. La plupart d’entre eux présentent des produits ou tenues complètes intégrant des “petits plus” qui font la différence, en proposant avant tout sécurité et fonctionnalité, pour un confort de travail optimisé. On peut citer : la ligne Naturtech Life de Molinel qui répond, comme l’explique Sébastien Diphile, “aux fonctionnalités ‘métiers’ attendues par les paysagistes, tout en valorisant le porteur avec un style affirmé. Tout d’abord, les tissus sont plus légers et plus souples afin d’offrir une meilleure liberté de mouvements et une gestuelle précise. Nos pantalons et bermudas bénéficient de grandes poches frontales, renforcées en tissu polyamide armuré noir et facilement accessibles, pour y placer des gants ou du petit outillage. Un empiècement d’aisance à l’entrejambe permet de mieux répartir la traction exercée sur le tissu au quotidien. De plus, notre pantalon technique propose un réglage double position au niveau de la plaque de protection des poches genouillères permettant d’équiper le maximum de porteurs. Toutes nos pièces de haut proposent des renforts en polyamide sur les zones sollicitées (coudières, bas de manches, renforts de poches). Notre veste et notre gilet matelassés offrent de multiples fonctionnalités (grandes poches basses, poche carnet et poche Smartphone, grande poche accessible dans le dos pour les gants). Aussi, la veste Softshell 0576 offre une protection adéquate contre le froid (norme EN 14058), ou la parka 0577 contre les intempéries (norme EN 343). Enfin, d’un point de vue technique, de nombreux ‘réglages’ sont possibles : bas de jambe élastiqués du pantalon technique, manches retroussables sur la chemise, bas de manches resserrables sur la parka ou la veste softshell…” ; la veste et le pantalon de débroussaillage Technical High Viz de Husqvarna, qui propose diverses gammes de vêtements de protection répondant à tout type de travaux et d’usages (extrême, à plein temps, fréquent). “La veste propose un rembourrage sur les épaules (confort amélioré pour le port du harnais et de la débroussailleuse) et les hanches pour une meilleure protection. Les vêtements sont dotés d’une haute visibilité (classe 3 avec port combiné veste/pantalon)” relate Cécile Goardon. Sans oublier la gamme Technical Extreme, dédiée aux bûcherons, et la gamme Technical Extreme Arbor à destination des arboristes, dans lesquelles on retrouve des pantalons équipés de protection anti-coupure légers et confortables (6 couches de longues fibres synthétiques qui stoppent la chaîne dès que la machine entre en contact avec la protection) ; le pantalon spécialement conçu pour le bûcheronnage de Solidur, société qui propose, entre autres, des équipements protégeant des coupures de scies à chaînes. “C’est le premier pantalon au monde certifié classe 3 -28 m/s (norme EN 381), qui a reçu le trophée d’argent au salon ‘Expoprotection’ 2018. Extrêmement résistant aux coupures, il est adapté pour les travaux d’élagage et de bûcheronnage nécessitant l’emploi de tronçonneuses” complète Henri Milhe-Poutingon.

Les gants et chaussures
“Concernant la protection des mains (qui sont le premier outil des paysagistes !), les principaux risques auxquels sont exposés les paysagistes sont les troubles musculo-squelettiques (TMS), les lésions physiques des mains dues à la manipulation de matériel, de certains végétaux ou d’objets contondants comme le verre, lors de nettoyage par exemple. Mais aussi le froid pouvant provoquer des engelures. De plus, le port de gants limite le risque de souillure pour optimiser l’hygiène des mains et se protéger des produits chimiques” ajoute Marine Elek, chez Rostaing, société qui fabrique des gants de protection dont les normes de protection (mécanique, chimique, thermique…) sont certifiées par des laboratoires indépendants et qui répondent à la nouvelle règlementation européenne. “Nos gants intègrent des matières et technologies permettant de combiner confort et sécurité (expertise des épaisseurs, mousse Poron® réducteur-fatigue et absorbeur des chocs, technologie agrippante, anti-coupure…), mais aussi fonctionnalité grâce à un ‘leash’ (lanière) pour ne pas les perdre, ou une fonction tactile pour ne pas louper l’appel d’un client. Ainsi, les gants peuvent être très fins, proches de la main et anti-transpirants, pour mieux réaliser les travaux de précision et donner l’impression à son porteur de ne pas en avoir. D’autres gants sont plus épais, car plus résistants. C’est le cas du gant Clôture, tout cuir, unique sur le marché, qui présente une protection maximale à l’abrasion, déchirure et perforation. Celui-ci est doté d’un tissu technique innovant : le tissu Ripstop, composé de 3 couches (couche anti-griffure, puis membrane imperméable et respirante). D’autres gants proposent des renforts aux paumes avec des matières spécifiques absorbant les vibrations pour limiter les TMS”.
De son côté, Solidur offre également une gamme de gants ‘spécial piquant’ ; par exemple pour la taille des rosiers et arbustes épineux : “ils sont dotés d’une protection 4/4 résistante à la perforation sur la paume, les doigts et le dos de la main. Mais aussi des chaussures haute-protection pour préserver les pieds de l’écrasement et d’éventuelles perforations, les paysagistes portant fréquemment de lourdes charges” ajoute Henri Milhe-Poutingon.

Protections des yeux et des oreilles
S’ajoutent, pour un équipement complet, les protections des oreilles (utilisation d’engins bruyants) et des yeux particulièrement fragiles et exposés aux projections multiples. Casque forestier complet, casque antibruit (adapté à la puissance sonore de la machine), visière ou encore lunettes sont alors des équipements nécessaires, notamment lors de l’utilisation de débroussailleuses, tronçonneuses, broyeurs ou encore taille-haies.
C’est dans ce cadre que 3M propose “la gamme de protection oculaire 3M™ SecureFit™, conforme au règlement européen EU 2016/425 et aux normes associées. Elle intègre la technologie de branches à diffusion de pression (brevet 3M), qui permet d’obtenir des lunettes très légères, confortables, mais néanmoins très stables, même en cas de mouvements rapide de la tête. Le casque 3M™ SecureFit™ X5000 associe cette même technologie. Ensuite, pour la protection auditive, nous avons récemment lancé un produit très innovant : 3M™ PELTOR™ EEP-100. Ce sont des bouchons d’oreilles électroniques, miniaturisés, permettant la communication entre personnes tout en étant protégé du bruit. Ces différents produits permettent de répondre à la question de compatibilité entre les EPI, comme la combinaison casque/coquilles auditives/visière ou lunettes, afin que le port simultané de plusieurs EPI n’ait pas d’impact négatif sur la performance individuelle de chaque équipement” témoigne Serge Masset.
Les innovations concernant les protections de la tête ne s’arrêtent pas là : depuis 2019, Husqvarna propose ainsi “des casques et protèges oreilles intégrant la technologie Bluetooth. Ils permettent, tout en travaillant, de communiquer par téléphone et donc de faciliter la communication entre équipes ou paysagistes. A l’image du casque Bluetooth® X-COM ou du nouveau casque d’arboriste Spire™ Vent disponible en mai 2020” termine Bérénice Monteil. Pour protéger les ouvriers, la gamme d’EPI est donc très large, et, concernant le coût, il est désormais possible de se protéger à tous les prix. Ce qui est sûr, “c’est que la non-protection coûte chère à une collectivité ou à une entreprise, et peut être dramatique pour une personne” conclut Henri Milhe-Poutingon. Ainsi, n’oubliez pas : investir dans des EPI de qualité est un investissement gagnant, car un ouvrier qui travaille dans de bonnes conditions n’en sera que plus efficace et donc plus rentable pour votre entreprise !

Le port des EPI : une obligation !
En conformité avec le code du travail (article L4122-1), l’employeur a une obligation de sécurité à l’égard de ses salariés. En cas d’expositions à des nuisances physiques, comme c’est le cas dans le secteur des espaces verts, l’entreprise doit mettre gratuitement à disposition des ouvriers des EPI adaptés et veiller à leur bonne utilisation. Le salarié doit absolument porter les équipements de sécurité pour remplir ces activités.

Quelles sont les caractéristiques à prendre en compte ?
“Les EPI doivent garantir une sécurité optimale à travers les tissus utilisés et le respect des normes de protection” précise Sébastien Diphile, responsable développement produits/Workwear chez Molinel. Ainsi, plusieurs critères, qui varient selon le type de protections (physiques, sonores…), sont à prendre en compte dans le choix des équipements de protection individuelle. On retiendra notamment :
la protection anti-coupure pour les gants (norme EN 388), pantalons, guêtres, vestes (NF EN 381 pour l’élagage) et chaussures de sécurité (NF EN ISO 20435, et NF EN ISO 17249 pour l’élagage), afin de protéger les cuisses, pieds, bras, mains… ; le pouvoir couvrant et respirant des vêtements (ISO 13688) ; une haute visibilité de l’habillement (veste, tee-shirt, pantalon) afin d’être vu de loin et/ou de nuit, ou lors d’intempéries (pluie, neige, brouillard…). Pour les travaux à proximité de la voirie, les vêtements choisis doivent répondre à la norme EN ISO 20471 et être au moins de classe 2 (niveau intermédiaire de visibilité), et idéalement de classe 3 (niveau de visibilité le plus élevé, obligatoire pour les travaux de nuit) ; le rembourrage des vêtements afin de soulager la pression des engins sur le corps (épaule, dos, hanches), mais aussi pour rendre moins inconfortable la position
“à genoux” souvent de mise pour les jardiniers (norme EN 14404 – protection des genoux) ; une bonne isolation face au froid et aux intempéries pour la mauvaise saison, dont les témoins sont les normes EN 14058/EN 342 (climat frais et froid) et EN 343 (intempéries).

EPI : normes et nouveautés

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