En Savoie, Philippe et Maria Lamour travaillent ensemble à la réalisation de jardins sensibles selon les principes du Feng Shui. Ils procèdent à des interventions judicieuses dans l’aménagement contribuant ainsi au maintien de la santé et du bien- être des clients ou à leur rétablissement. Plus de détails avec Philippe et Maria Lamour.

Philippe Lamour réalise tous types de travaux paysagers avec une spécialisation dans les bassins d’ornement.

Quels sont vos parcours respectifs ?

Maria Lamour : à l’origine, je suis éducatrice spécialisée auprès de familles en difficultés sociales et familiales. Les relations humaines et la santé m’ont amenée à m’intéresser au Feng Shui, une école de médecine traditionnelle chinoise. Le principe : trouver le bon équilibre entre l’homme et son environnement. J’ai également suivi des formations en aromathérapie et phytothérapie. Actuellement, cela fait une dizaine d’années que je suis thérapeute et consultante Feng Shui pour le particulier et le professionnel, et travaille sur le bien-être à l’intérieur comme à l’extérieur de la maison.

Philippe Lamour : Quant à moi, j’ai une formation technique classique en paysage (BEP, Bac Pro), j’ai ensuite travaillé dans une pépinière puis fait un BTS. Passionné de montagne, j’ai créé mon entreprise de paysage en Savoie. La montagne, la nature et le paysage comptent beaucoup pour moi. Je réalise donc des jardins naturels en mettant l’accent sur l’intégration dans le paysage. Je ne travaille pas que le végétal local, je pars du principe qu’une espèce adaptée aux conditions pédoclimatiques peut être utilisée.

En parallèle de mon activité de paysagiste, j’exerce une activité d’enseignant en paysage dans un lycée. J’y trouve un équilibre intéressant, notamment parce que le métier de paysagiste est physiquement difficile et ne s’exerce pas toute l’année dans notre région. Mais aussi, parce que le côté pédagogique du métier de professeur m’intéresse. Sans parler du fait que parfois, on fait des rencontres intéressantes, comme par exemple un étudiant qui manie la pelle comme personne, tout en prenant soin des végétaux. Cela me permet de rencontrer des personnes qui ont des sensibilités et des compétences que je n’ai pas.

Qu’est ce qui caractérise l’entreprise ?

PL : Basée à Vimines, à proximité de Chambéry, l’entreprise intervient dans un rayon de 40 km pour une clientèle de particuliers. Cependant, le bouche-à-oreille engendre quelques interventions dans le Diois, vers Avignon ou à la frontière suisse.

Je réalise tous types de travaux avec une spécialisation dans les bassins d’ornement. Mes réalisations sont très naturelles : je travaille la circulation de l’eau avec des pompes mais n’installe pas de système de filtration. Les plantes phytoépuratrices participent à la propreté du bassin. J’explique à mes clients que c’est normal de voir verdir l’eau l’été ; elle redevient claire lorsque les températures diminuent. Je n’y mets pas forcément de poissons mais le bassin est le plus accueillant possible ; on voit souvent venir des couleuvres et grenouilles. Par ailleurs, je suis passionné par les vivaces et en met donc beaucoup dans mes aménagements. Bien que ce soit typique de la Provence, je réalise également des calades ; ce dallage s’intègre très bien dans les jardins savoyards.

Aussi, 1/3 des jardins que je réalise intègre le Feng Shui. Maria travaille d’abord et je prends ensuite le relais.

En Savoie, Philippe et Maria Lamour travaillent ensemble à la réalisation de jardins sensibles selon les principes du Feng Shui.

Qu’est-ce que le Feng Shui ?

ML : Le Feng Shui est notamment connu pour l’intérieur des maisons et, la plupart du temps, est malheureusement perçu comme un outil de décoration. A la base, le Feng Shui est une école de la médecine traditionnelle chinoise qui tient compte de l’Homme dans son environnement. L’environnement agit sur les émotions et chaque organe dépend d’une émotion. L’environnement doit donc susciter de belles émotions : l’intérieur (maison) ou l’extérieur (jardin) représentent alors l’intérieur émotionnel. C’est une véritable approche thérapeutique.

Cette dernière sera différente en fonction des gens, de leur curiosité et du moment de leur vie. En général, les personnes qui viennent nous voir font face à des moments de doute ou à un passage difficile dans leur vie ou manifestent simplement de la curiosité. Ils n’imaginent pas qu’il puisse y avoir de belles interactions entre eux et les jardins.

Le Feng Shui participe à la construction du « prendre soin » ; la demande des clients se résume souvent ainsi : « j’ai envie d’être bien dans mon jardin ». Ils savent qu’aux côtés de Philippe, il est possible d’atteindre cet objectif.

Comment se fait l’approche ?

ML : Le jardin Feng Shui se traduit par des outils et un travail de diagnostic de la médecine chinoise. Il demande des entretiens préalables avec un temps d’écoute et de discussion obligatoires. Le travail est de déceler les interactions possibles entre le client, l’organisation de l’espace qui l’entoure et les plantes. Ces entretiens se font dans le respect de la vitesse d’avancement de la personne. Le Feng Shui, c’est avant tout partir à la rencontre de soi : si je sais qui je suis, je peux être bien. Le jardin rentre alors en correspondance avec la typologie de la personne.

 

Les jardins s’appuient à la fois sur ce dont ont besoin les gens et sur l’étude des 5 éléments de la médecine traditionnelle chinoise : la terre, le bois, le feu, le métal et l’eau, qui font le lien entre l’homme et son environnement.

Comment se traduit le Feng Shui au jardin ?

PL : Les jardins s’appuient à la fois sur ce dont ont besoin les gens, (espace de jeux, coin repos…) et sur l’étude des 5 éléments de la médecine traditionnelle chinoise : la terre, le bois, le feu, le métal et l’eau, qui font le lien entre l’homme et son environnement. Suite à l’entretien, Maria me donne des orientations sur les formes, les couleurs, les matériaux, les sens… il n’y a pas de plantes caractéristiques du Feng Shui.

Nos jardins sont sur-mesure et tiennent également compte des souhaits des clients pour aboutir à un lieu qui leur ressemble vraiment. On anime par les 5 sens tous les coins du jardin, soit par la palette végétale, la déco, le bassin, le potager… Nous travaillons également beaucoup sur les thématiques nature et animaux avec, par exemple, un parcours de nichoirs, des hôtels à insectes… De cette manière, on rend les lieux vivants ; le but est que le client réapprivoise le milieu dans lequel il vit et soit responsable du lieu dans lequel il évolue et intervient.

Ce genre d’aménagement nécessite une bonne connaissance des plantes adaptées à notre climat. Dans la logique du jardin naturel, on tient compte de l’environnement dans lequel est implanté le jardin et les matériaux utilisés sont bio sourcés comme par exemple, le bois utilisé est de provenance locale et non traité. De même, je ne fais jamais de traitement, même bio, car le purin d’orties débarrasse des pucerons mais également des coccinelles. Pour les plantes, je me fournis chez des personnes que je connais qui proposent des plantes cultivées avec bienveillance et rudesse (ex : Jardins des Alpes, La Grange aux Erables, Delay Pépinières).

ML : En résumé, il faut toujours inventer et faire preuve de créativité. Nous sommes donc à l’affût de beaux matériaux ou beaux objets (lames d’eau, luminaires, …) dans le but d’amener le beau au jardin. Même s’il est subjectif, c’est ce que le client voit tous les jours dans son jardin. Le « waouh » est déjà une émotion.

Vous exercez seul ?

PL : Oui. Si nécessaire, je fais appel à des confrères paysagistes. Cependant, même si je travaille seul, j’échange beaucoup avec les clients. Je les conseille, et environ 90 % des curieux qui me demandent des informations sur les jardins Feng Shui acceptent ensuite de travailler avec moi. Ou, par exemple, je propose à certains clients qui redoutent le changement, de travailler avec moi à la réalisation. Par exemple, une cliente a participé à la réalisation du bassin, à la plantation des haies vives ; elle a appris beaucoup de choses et ça lui a permis de se réapproprier son jardin rapidement.

Je ne fais pas l’entretien mais je fais le suivi de certains jardins en mars et en septembre-octobre. Globalement, il n’y a pas grand-chose à faire, c’est plutôt de l’accompagnement, il s’agit souvent de donner un petit conseil sur une technique de taille par exemple, mais l’entretien quotidien du jardin est bien fait. Les clients parviennent à s’approprier complètement le lieu, c’est l’aboutissement de la démarche en Feng Shui « je cultive mon jardin », sous-entendu, « mon jardin intérieur ».

 

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