Planter un arbre dans un jardin n’est pas anodin. En effet, celui-ci est souvent l’un des éléments clés du jardin en créant un point d’appel visuel et d’intérêt, propice à l’établissement d’un espace de détente à l’ombre d’une belle canopée rafraîchissante. Aussi, faut-il bien réfléchir au choix de l’essence afin de satisfaire pleinement votre client et lui éviter quelques désagréments.

© philippe-perdereau
Les cépées permettent de créer un point d’appel tout en laissant le regard s’échapper vers le lointain (exemple : Quercus phellos, Q. laurifolia, Q. myrtifolia, Q. castaneifolia, Acer ginnala, A. saccharinum, A.campestre, Prunus accolade, P. ‘Sunset Boulevard’…).

Lorsque l’espace disponible est suffisant, l’arbre se doit d’être intégré à une composition de jardin. En effet, celui-ci participe à dynamiser l’aspect général du jardin : il créé un événement en apportant de la verticalité et en enrichissant les strates herbacées et arbustives, par ailleurs propices à la biodiversité animale. Qu’il soit isolé en plein centre du jardin ou en pourtour comme écrin de verdure, il participe à la qualité d’un espace jardiné que vos clients seront très sûrement apprécier, à condition bien sûr, de planter le bon arbre au bon endroit.

Lire l'article complet

L’arbre, point central de la composition

Si votre client souhaite une conception assez ‘tenue’ et dessinée, le positionnement d’un arbre ‘remarquable’ au cœur de la composition (qu’il soit au centre du jardin ou désaxé) est un bon moyen d’assurer une mise en scène réussie. Dans tous les cas, il s’agit de choisir un sujet particulier, remarquable, à la ramification bien dessinée, qui attire l’œil. Pour les petits jardins, parmi les essences ornementales les plus utilisées, citons le célèbre olivier qui permet de composer des mises en scènes d’inspirations méditerranéennes invitant vos clients au voyage et au dépaysement. Celui-ci, gélif, est bien sûr à planter en pleine terre au bon endroit, dans le sud-est et le sud-ouest de la France. Les arbres en cépées, comme Amelanchier canadensis ou Cercis siliquastrum, sont également des alliés de choix : chaque sujet est unique avec des troncs plus ou moins tortueux s’entrecroisant. Il est intéressant de penser à un éclairage nocturne depuis le sol afin de mettre en valeur la ramure et créer une belle ambiance pour les soirées d’été. Le pied des arbres peut être paillés avec du minéral ou bien avec divers végétaux couvre-sols ou arbustifs. Proposez des arbres déjà bien formés à vos clients, avec une taille importante : en effet, l’arbre est le sujet principal du jardin ! Lorsque l’espace disponible est vaste, d’autres essences spectaculaires sont à votre disposition : cèdres (Cedrus libani, C. atlantica), pins (Pinus pinaster, P. pinea, P. halepensis), sophoras du Japon, Liquidambar, Albizia, érables… et bien d’autres encore ! Attention cependant à ne pas placer de pins trop près d’une piscine, celui-ci perdant de nombreuses aiguilles.

Ombre et fraîcheur

© casa_orsu_marina
En plus d’être une pièce maîtresse de la composition, l’arbre peut être utilisé comme un grand parasol. Des essences comme Morus Kagayamae présentent une canopée large et dense et un petit développement en hauteur.

Avec des canopées plus ou moins développées, les arbres sont de formidables climatiseurs en offrant un bon ombrage et un abaissement léger des températures estivales. L’espace couvert par le feuillage peut alors s’avérer être le coin idéal de détente et de repos pour vos clients : balançoire, hamac, petite table de jardin, coin barbecue, voire grande terrasse pour recevoir familles et amis… permettent de profiter des après-midi d’été. Pour plus de confort, l’espace au sol peut être aménagé : platelage bois, pavage ou dallage permettent d’installer de façon stable une table et des chaises. Il faut veiller à laisser une surface à l’air libre suffisante autour de l’arbre afin de ne pas étouffer son système racinaire. Quelques essences sont à proscrire pour éviter à vos clients de devoir nettoyer trop fréquemment leur terrasse : espèces portant des fruits juteux, notamment les cerisiers, arbres qui produisent beaucoup de miellat (érables, tilleuls…) ou encore des essences comme le bouleau qui produit de très nombreuses graines qui s’immiscent partout dès le moindre petit coup de vent.

L’arbre peut également être utilisé pour atténuer les variations de température d’un bâtiment : en été, grâce à son feuillage, il permet aux murs de conserver une certaine inertie thermique. Au contraire, en hiver, l’absence de feuillage permet de faire entrer davantage de lumière dans la maison. Il faut cependant être très vigilant à la distance de plantation entre l’arbre et le bâtiment, le système racinaire étant deux fois plus développé que le houppier.

Ecrin de verdure

© chiron-paysage
La plantation groupée d’arbres en périphérie du jardin permet de créer de mini-espaces intimistes permettant de varier les ambiances. Ces bosquets permettent de séquencer l’espace et de ménager des surprises.

L’arbre est également un bon moyen pour créer un véritable cocon : il peut être planté en périphérie du jardin et de façon groupée limitant ainsi les nuisances visuelles et liées au vent. Sur un grand terrain, des bosquets d’arbres permettent de séquencer l’espace et de ménager des surprises. Une ambiance fraîche de sous-bois peut être recréée sous ces canopées (association de plantes d’ombre telles que fougères, Tiarella, Vinca, Brunnera, Epimedium, Waldsteinia ternata, Lamium, géraniums vivaces…). Il est très important de toujours planter selon l’espace disponible : en effet, en pourtour de parcelle, il est important de respecter les distances réglementaires avec le voisinage (en l’absence de règlement communal ou d’usage à ce sujet, une distance de 2 m minimum doit être respectée entre le pied de l’arbre et la limite séparative).

L’arbre, qui est la strate la plus haute du règne végétal, est en effet voué à grandir de façon non négligeable et il faut donc bien visualiser sa taille adulte afin qu’il soit adapté à l’espace disponible, sans entacher la croissance de ses voisins et sans menacer la maison de votre client !

 

Conseils de plantation

Il est essentiel de proposer au futur élément phare du jardin des conditions optimales d’installation et de développement. Pour cela, il faut :
– privilégier une plantation entre novembre et mars, durant la période de repos végétatif, surtout pour les arbres en racines nues. Le dicton « A la Sainte-Catherine, tout bois prend racine » est l’adage n°1 !
– creuser une fosse de plantation large et profonde mesurant au moins deux fois celui de la motte pour accueillir le système racinaire, et ameublir le fond et les parois ;
– en cas de sol très lourd et argileux, prévoir une couche drainante de cailloux et/ou de graviers afin que l’arbre n’ait pas les pieds dans l’eau ;
– si les racines ont été abîmées, tailler l’extrémité de celle-ci afin de favoriser la création de nouvelles petites racines ;
– réaliser un pralinage qui optimise la reprise de l’arbre : trempez le système racinaire dans un mélange d’argile, de bouse de vache et d’eau (mélange prêt à l’emploi également disponible dans le commerce) ;
– prévoir un tuteur adapté à la taille de l’arbre : l’installer de préférence avant de planter l’arbre afin de ne pas endommager le système racinaire. Bien l’enfoncer au fond du trou (pour de gros sujets, les systèmes d’ancrage de motte sont bien adaptés, assurant une bonne stabilité tout en laissant une marge de manœuvre au tronc favorable à la consolidation du système racinaire) ;
– amender la terre extraite de la réalisation de la fosse avec du terreau, du compost et de l’engrais organique (les substrats mycorhizés sont également une bonne solution, gage de près de 100 % de reprise) ;
– après plantation, dessiner une cuvette autour du collet et arroser généreusement.

 

S’abonner

 

L’arbre, pièce maîtresse du jardin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *