Ce sont des travaux de grande ampleur qui ont été menés à Fécamp au sein du quartier Ramponneau. Terrassements conséquents et plantations d’envergure ont transformé le quartier en un nouveau lieu de vie pour les habitants, où le végétal et le piéton sont rois.
Explication avec François Simon, directeur technique et d’exploitation de Vallois, entreprise principale du chantier.

En périphérie de Fécamp, ville de Seine-Maritime comptant 19 000 habitants, le quartier Ramponneau, typique des grands ensembles des années 60, a changé de visage. “La municipalité a décidé de proposer une vraie qualité d’espaces publics pour accompagner la refonte de l’habitat, entre résidentialisation, démolitions et reconstructions. Ici, le piéton devient le maillon
prioritaire, avec des espaces largement plantés où les aspects récréatifs et pédagogiques dominent
” explique Samuel Craquelin,
gérant de l’agence de paysagistes concepteurs, mandataire de l’équipe de maîtrise d’œuvre. Ainsi, un grand parc de 1,5 ha prend place en cœur de quartier, les rues sont recalibrées et plantées généreusement, les circulations douces densifiées et le stationnement repensé pour libérer des espaces qui présentaient un beau potentiel d’espace public.

Un parc récréatif en cœur de quartier
Pour offrir ce nouveau poumon vert au quartier, d’importants terrassements ont été réalisés et, notamment, pour l’accessibilité des cheminements aux personnes à mobilité réduite, comme l’explique François Simon : “avec un lot unique, notamment pour maîtriser le calendrier dans les temps et simplifier la coordination avec les nombreuses entreprises déjà présentes (démolition, réhabilitation), nous avons réalisé les terrassements, l’assainissement, la pose des aires de jeux, les revêtements et bien sûr le lot plantation quasiment dans son intégralité. C’est un avantage, car nous maîtrisons les délais, mais cela a parfois mobilisé de 14 à 15 personnes par jour aux temps les plus forts, et cela durant 2 ans. Pour la plaine de jeux, il a fallu aplanir une grande surface et réaliser de solides fondations : la pyramide de cordes, qui mesure 15 m de haut, est ancrée dans 60 m3 de béton d’une profondeur de 1,5 m. La plaine de jeux est constituée d’une assise en grave naturelle (20 cm), puis d’une couche de granulats issus du recyclage de pneumatiques (avec épaisseurs conformes aux hauteurs de chute). Un gazon synthétique a ensuite été posé, suivi d’un sablage”. Enfin, l’esplanade de jeux d’eau a représenté des travaux conséquents : un local d’entretien est enterré pour pouvoir réparer rapidement les potentiels problèmes de fontainerie et de pompe, le système fonctionnant en circuit fermé.

D’importantes plantations
Afin de singulariser chaque espace, d’importantes plantations ont été réalisées. En tout, ce sont pas moins de 242 arbres, 625 arbustes et 10 272 vivaces et plantes tapissantes qui ont été plantés sur le parc. “Au niveau d’anciens blockhaus, une grande butte de végétaux de terre de bruyère a été créée, avec des plantations surélevées grâce à des soutènements en chêne. Entres autres, plus de 160 pins sylvestre, des Rhododendron luteum aux belles floraisons jaune vif ou encore des Ulex europaeus ‘Plenus,’ assurent les trames arborée et arbustive, complétées par une strate basse de Calluna vulgaris Marlies’ et ‘Sandy’, Erica darleyensis ‘Kramer’s Rote’, ‘Silberschmelze’, ‘Spring Surprise’ (très rustique et vigoureuse qui accepte même les sols calcaires)… Pour la logistique d’approvisionnement en végétaux du chantier, les arbres étaient livrés en flux tendu dans nos locaux, pour pouvoir assurer un délai court entre arrachage et plantation (2 semaines maximum), avec paillage des mottes en attendant la plantation. Nous approvisionnons ensuite le chantier grâce à nos camions-grues. Les arbustes et vivaces ont également été livrés intégralement à l’entreprise, puis acheminés jusqu’au chantier selon les plantations de la journée à effectuer” précise François Simon. Les rues présentent également des ambiances végétales différentes : on retrouve des associations d’arbres et de plantes tapissantes pour couvrir le pieds des arbres comme Pyrus calleryana ‘Chanticleer’ et Symphoricarpos x chenaultii ‘Hancock’ ou Carpinus betulus et Bergenia cordifolia ou encore Tilia cordata ‘Erecta’ et Geranium macrorrhizum ‘Spessart’. Les essences sont choisies pour leur port assez compact et pour leur résistance à la sécheresse. Les fosses de plantation, de 6m3, sont remplies de terre-pierre pour soutenir les pressions liées au stationnement des voitures le long des rues.

Des circulations qualitatives
Les rues du quartier ont donc été recalibrées, notamment pour offrir des trottoirs de plus de 2 m de large aux piétons dès que cela était possible. François Simon ajoute : “trois nouvelles rues ont aussi été ouvertes, les surfaces piétonnes étant traitées en béton désactivé, que ce soit au niveau des trottoirs, que sur le plateau surélevé qui relie le parc au centre commercial. Une des particularités du chantier a été la réalisation du cheminement principal du parc : il reprend la typologie des chemins du pays de Caux, avec la disposition de blocs arrondis de granit du Sidobre qui dessinent un tracé souple. Des voliges fines en azobé ont permis de coffrer le béton désactivé et de laisser un écart avec les pierres, faisant office de joint de dilatation. Un géotextile, une couche de 25 cm de grave naturelle 0/80, puis une deuxième de 0/31,5 sur 5 cm, assurent l’assise du béton désactivé (15 cm d’épaisseur)”. Les circulations secondaires du parc sont elles traitées en stabilisé.

Le jardin pédagogique
Sur un des côtés du parc, le jardin pédagogique prend place tout en longueur. “Nous l’avons réalisé en premier, durant 6 mois. Ce dernier est clos par un mur d’enceinte dans lequel a été incrustée, sous la couvertine, une pierre bleue de la région, faisant alors appel à un savoir-faire particulier. Des voliges métalliques délimitent les fosses de plantation en pleine terre et le béton désactivé. Près de 150 arbres agrémentent également l’espace : plantés en force 16/18 à 18/20, on retrouve, entres autres, Acer platanoides ‘Emerald Queen’, Acer buergerianum, Eriobotrya japonica, Prunus serrulata ‘Kanzan’, Carpinus betulus ‘Fastigiata’… Ils sont plantés dans un substrat composé de terreau horticole (100 L par arbre) et d’engrais organique (4 kg/pied), le pied étant ensuite planté de vivaces tapissantes résistantes à la sécheresse comme Santolina chamaecyparissus, Persicaria
affinis ‘Darjeeling Red’ ou Achillea ‘Mooshine’. A la plantation, les arbres ont bénéficié d’un arrosage de 150 L chacun
”.

Voici donc un chantier d’envergure, ayant fait appel à la large palette de savoir-faire de l’entreprise principale du chantier, pour redonner au piéton et au végétal toute la place qu’ils méritent.

FICHE TECHNIQUE :
– Superficie : 10 ha, dont 1,5 ha pour le parc
– Maîtrise d’ouvrage : Ville de Fécamp
– Maîtrise d’œuvre : Cabinet Samuel Craquelin, paysagistes concepteurs mandataires ;
Viamap’, BET VRD ; Jean-Michel Leforestier, architecte DPLG (abris du jardin pédagogique)
– Entreprise espaces verts, revêtements et aires de jeux : Vallois (Mirville, 76)
– Pépinières : Les Pépinières de la Roselière, Pépinières Paysages d’Elle Normandie, Jardins Services Végétaux
– Coût des travaux : 8 000 000 € HT
– Durée : 2011 – novembre 2016

Fécamp : renouveau pour le quartier Ramponneau

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