Alors que les dernières générations de batteries jouent à armes égales avec les moteurs thermiques, jusqu’à une équivalence de 40 cm3 dans certaines catégories de produits, les fabricants n’ont de cesse d’innover. Si les batteries gagnent en watt/heures et en autonomie, l’outil en lui-même embarque une technologie avancée, source de productivité pour les professionnels.

Les outils à batteries progressent, encore et toujours. Les normes aussi. Par exemple, depuis le 1er janvier 2020, les nouvelles élagueuses et tronçonneuses doivent présenter une sécurité supplémentaire sur les poignées (sous la forme, selon les fabricants, d’une double gâchette ou d’un bouton additionnel sur un côté). Autant dire, des modifications minimes. Pas de quoi donc détourner la priorité des constructeurs, qui misent non seulement sur les performances de la batterie, mais également sur celles des outils, qui intègrent une technologie de plus en plus novatrice.

Objectif : cumuler de l’énergie
La transition est bel et bien amorcée. En effet, les professionnels des espaces verts et du paysage ont fait le pas et continuent d’investir dans l’achat d’outils à batterie (lithium-ion), jusqu’à parfois permuter l’ensemble de leur parc matériel. En témoignent les derniers chiffres diffusés par Axema (syndicat français des industriels de l’agroéquipement), qui montrent, cette année encore, une croissance à deux chiffres pour les outils portatifs à batterie. Très certainement, les professionnels, même les moins avertis, ont été séduits par les atouts, toujours plus nombreux, qu’offrent ces machines. “Les avancées technologiques des batteries permettent aujourd’hui d’atteindre un niveau de puissance comparable à celui des matériels à essence, tout en supprimant les désagréments liés au bruit, aux vibrations et aux émanations polluantes” résume Aurélien Laurent, chef de marché pour la marque Ego. Côté puissance, les batteries atteignent aujourd’hui facilement les 1 500 kW d’énergie, soit l’équivalent, tout au long de leur vie, à 7 000 L d’essence et plus de 135 L d’huile de mélange. Mais les wattheures délivrés n’impliquent pas nécessairement davantage de productivité. Tout dépend des outils utilisés et des travaux effectués. “Si l’utilisateur recherche la productivité, en réalisant très souvent des travaux intensifs, la batterie dorsale est préférable. En revanche, s’il effectue des travaux d’appoint et multiples, obligeant parfois à permuter la batterie d’un outil à un autre, les batteries intégrées dans l’outil ou portées à la ceinture sont plutôt recommandées. Ces dernières sont plus légères, et donc plus maniables” précise Estelle Tremelo, responsable équipe produits Husqvarna, lors d’un récent ‘roadshow’ organisé par la marque au Château de Chatenay (95).  Sans impacter la maniabilité de l’outil, certaines tondeuses à conducteur marchant peuvent toutefois s’équiper de batteries dorsales pour un maximum d’autonomie. “L’autonomie des batteries est toujours liée à la consommation en énergie du matériel. Par exemple, un souffleur consomme plus d’énergie qu’un taille-haies ; la durée d’utilisation avec une même batterie sera donc plus longue avec un taille-haies qu’avec un souffleur” affirme Jean-Noël Raynaud, responsable du service prescription, démonstration et Timbersports chez Stihl.

Poids et autonomie, un bon compromis
Toute la problématique des fabricants est d’augmenter les quantités d’énergie à stocker dans un format réduit. L’entreprise Pellenc, qui présente cette année la batterie UliB 750 (4,5 kg), a fait le calcul. Ce nouveau modèle affiche un ratio capacité/poids de 166 Wh par kg. Autant dire que les fabricants affichent des records de puissance et d’autonomie tout en conservant, voire en améliorant, la compacité des batteries. Prenons l’exemple de Stihl. L’autonomie des nouvelles batteries dorsales (AR 2000L et AR 3000 L) a été augmentée de 11 à 32 %. Du côté du fabricant Infaco, l’entreprise affirme également que les dernières générations de batteries sont trois fois plus légères pour une puissance et une autonomie équivalentes. “Elles bénéficient aussi d’une meilleure durée de vie et d’une plus grande stabilité lors de fortes sollicitations. De fait, notre sécateur est encore plus performant pour effectuer des grosses coupes de bois” ajoute Audrey Delagnes, responsable marketing et communication chez Infaco. De quoi présager, dans un avenir assez proche, de petites batteries aux performances élevées.

Décharge, stockage… attention !
Concernant la longévité, la durée de vie d’une batterie s’estime principalement en termes de cycles de charge : un cycle de charge est égal à une batterie chargée qui se décharge à 100 %. Le nombre de cycles de charge est variable en fonction des modèles, entre 500 et 1 300 cycles.  La durée de vie d’une batterie dépend de plusieurs paramètres comprenant notamment les modalités de charge. “Le chargeur standard Ego (CH2100E) préserve la durée de vie de la batterie en délivrant une intensité de charge inférieure. Pour les applications intensives, les chargeurs offrent deux modes de recharge, préservant ainsi la durée de vie de la batterie tout en permettant de la charger rapidement si nécessaire. Du fait de leur haute capacité, toutes nos batteries peuvent être stockées sans entretien spécifique pendant un minimum de 10 ans sans que cela n’affecte leur capacité, encore moins leurs performances. Après 30 jours, les batteries se déchargent jusqu’à 30 % de leur capacité (pour préserver leur longévité)” indique Aurélien Laurent. Dans tous les cas, il faut éviter la décharge profonde, autrement dit le passage à un niveau de charge trop bas qui endommage définitivement la batterie. “Cela peut se produire si on décharge complètement la batterie et on la stocke de manière prolongée sans la charger. Le premier conseil sera donc de charger la batterie avant stockage. Il est également important de stocker les batteries dans un lieu à l’abri de la chaleur, de l’humidité et du froid excessif. A titre d’exemple, une batterie Li-ion stockée une semaine à 55°C perd jusqu’à 4 % de capacité. Autre facteur influant sur la durée de vie : ne pas stocker les batteries chargées à 100 %. Les batteries Pellenc passent en mode autodécharge après 10 jours sans utilisation pour se positionner à un niveau idéal pour un stockage prolongé. Elles n’auront alors besoin que d’une charge tous les 24 mois. Enfin, mieux vaut limiter les charges rapides, en particulier pour des éléments de forte capacité” conseille l’entreprise Pellenc. Les conditions de charge jouent donc un rôle fondamental dans le vieillissement des batteries. “C’est d’ailleurs pour cela que nous proposons un chargeur intelligent muni d’un mode ‘mise en hivernage’ afin d’assurer la mise en sommeil au seuil de charge optimum pour garantir un stockage entre deux saisons de travail dans les meilleures conditions possibles” indique Audrey Delagnes. De son côté, la société Grin, qui propose des tondeuses à conducteur marchant, attire l’attention sur la qualité du compartiment qui intègre la batterie. “Notre batterie de
82 V est logée dans un compartiment interne au moteur et est protégée par un couvercle. La batterie est ainsi moins exposée aux agents atmosphériques et aux possibles impacts, ce qui augmente sa durée de vie”
indique Nadège Chaussis, en charge du marketing.

Technologie embarquée
Les batteries se font plus puissantes, plus autonomes… mais aussi plus intelligentes. Tout d‘abord, certaines batteries intègrent des interfaces numériques avec écran et témoins de charge rétroéclairés, permettant de vérifier en permanence le niveau de charge de la batterie sur chantier, y compris en plein soleil ou par temps de pluie. Des BMS (Battery Management System) surveillent aussi les conditions d’utilisation (cycles de charge, températures…) et font basculer la batterie en mode de veille, prolongeant ainsi sa durée de vie. Les connexions USB et Bluetooth, en lien avec des plateformes web spécifiques, sont également proposées, afin de mieux gérer son parc matériel à batterie (état de charge des batteries, maintenance à venir…).

Il n’y a pas que la batterie…
A l’instar des batteries, les éléments qui composent un outil à batterie (poignées, dispositifs de coupe, matériaux…) évoluent tout autant. Voici des exemples : distribution du fil de coupe sous l’action d’un bouton situé sur la poignée de certaines débroussailleuses (type technologie Ergofeed) roues avant ‘zéro turn’ et traction professionnelle à deux vitesses sur des tondeuses à conducteur marchant, ajout de perche sur des sécateurs électriques, outils IPX4 parfaitement étanches, taille-haies sur perche télescopique de 4,5 m de portée, tête de débroussailleuses de 45 cm de diamètre, chaîne anti-rebond…

Au regard des évolutions techniques, les outils à batteries ont révolutionné et révolutionnent encore l’entretien des espaces verts. Ils sont également sources d’économie. D’après une étude, relayée par Husqvarna, le prouve. Dans une équipe composée de trois paysagistes travaillant pendant deux ans avec une gamme classique d’équipements comparables, le gain est de 1 800 € TTC avec des outils à batterie. Performants, écologiques et économiques, les outils à batterie n’ont décidemment que des avantages.

Recyclage des batteries
Le recyclage d’une batterie au lithium-ion coûte environ 3 000 €/tonne, incluant la collecte et la redistribution. Deux techniques industrielles permettent de récupérer les métaux qui la composent : le broyage permettant de séparer la coque de la batterie de son contenu, puis l’hydrométallurgie, permettant de récupérer les métaux tels que le cobalt ou le lithium en plongeant les ‘broyats’ de batteries dans divers bains acides. Ces métaux (nickel, lithium,  manganèse…) sont de nouveau prêts à être réutilisés et réinjectés dans le cercle vertueux du recyclage. Certains d’entre eux serviront à confectionner des vélos, des ordinateurs, et pourquoi pas, de nouvelles batteries… On a donc tout intérêt à favoriser la filière du recyclage. En moyenne, les batteries proposées sur le marché sont recyclables à plus de 80%. Les fabricants financent, via une éco-contribution, le recyclage au travers de deux éco-organismes : Screlec et ecosystem. Pour les utilisateurs, la démarche est simple. Il suffit de ramener les batteries usagées dans le point de collecte le plus proche (réseau Batribox) ou chez le distributeur.

Outils à batterie : de nouvelles performances

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