Pascal Noyel a créé « PN Paysagiste » il y a 22 ans à Lyon, une entreprise d’entretien et de création d’espaces verts, et il ne se voit pas faire autre chose. Passionné par son métier, il se décrit comme un homme de terrain, indépendant et volontaire.

Attiré par l’ONF, Pascal Noyel se forme à la sylviculture à la MFR de Lamure sur Azergues. Mais lorsqu’il sort de l’école après 3 ans d’études, l’ONF débauche, il doit donc changer de voie. Il découvre alors le métier de paysagiste pendant ses années à l’armée. Il sera ‘exploité’ par son premier employeur en travaillant plus de 200 heures par mois payées 169 heures. Après deux ans de dur labeur et de galères, Pascal Noyel est embauché chez un autre paysagiste qui le forme et lui apprend toutes les ficelles du métier. Il restera durant 5 ans.

Indépendant, volontaire et avide de liberté, il décide de s’installer à son compte en 1995 alors qu’il n’a que 27 ans. Avec sa voiture personnelle, une ZX, et un crédit lui permettant de s’acheter une remorque, une tondeuse et un rotofil, il débute en se concentrant exclusivement à l’entretien d’espaces verts. Puis, à force de travail, il s’achète les outils nécessaires à la création (disqueuses, malette de maçonnerie…) et peut ainsi compléter son activité d’entretien par la création de jardins, activité qu’il affectionne tout particulièrement.

 

Les difficultés d’un paysagiste indépendant

Il existe trois principales difficultés pour Pascal Noyel. La première est liée au travail de paysagiste en lui-même. Il s’agit des conditions de travail, les paysagistes sont confrontés aux conditions naturelles : la pluie, le froid, la canicule… En outre, le travail est physique, la tonte, l’élagage, la maçonnerie, la création d’allées… Le corps est ainsi mis à rude épreuve.

La deuxième difficulté est la gestion du temps liée, quant à elle, au fait de travailler seul sans salarié, avec pour seule aide un apprenti ou un stagiaire.

Comment accepter un maximum de travail en pouvant y répondre qualitativement et dans les temps sans délaisser ses autres clients ? Comment s’assurer un travail régulier grâce à son activité d’entretien sans mettre de côté la création ? Voici les questions qu’il se pose quotidiennement lorsqu’il accepte ou refuse un chantier. « J’ai des contrats d’entretien à l’année avec 15 régies immobilières et avec des particuliers, ce qui m’assure un travail et des revenus réguliers. Mais avec mes activités d’entretien, je ne peux accepter des chantiers de création de plus de 3 semaines pour ne pas délaisser mes clients réguliers. La gestion de son temps est très compliquée lorsque l’on travail seul », indique Pascal Noyel.

Ainsi, malgré l’aide d’un stagiaire ou d’un apprenti, Pascal Noyel doit être sur tous les chantiers qu’il accepte; alors, il y a certaines périodes où il ne compte pas ses heures.

Dernière difficulté et pas des moindres, ‘la paperasse’. Comme tous les chefs d’entreprise, Pascal Noyel croule sous celle-ci. « Je suis un homme de terrain, m’occuper des papiers ce n’est pas mon métier ! », précise-t-il. Heureusement, il a le soutien de sa femme qui s’occupe de la comptabilité et il fait appel à la chambre de l’agriculture pour ses contrats d’apprentissage.

Malgré ces difficultés, avoir pu conserver son indépendance et sa liberté dans l’exercice du métier qu’il aime sont ses moteurs. Elles l’ont fait avancer toutes ces années et ont dessiné les contours de son parcours.

 

Une offre complète : entre création et entretien

Aujourd’hui, son activité se compose d’environ 50% d’entretien et 50% de création même si ces chiffres fluctuent beaucoup d’une année sur l’autre.

Ainsi, 70% de sa clientèle est constituée de particuliers, et les 30% restant se décomposent entre les régies immobilières et la SNCF pour qui il entretien la ligne entre Lyon et Bourgoin.

Il possède ses propres outils : tondeuse, broyeur, tronçonneuse, remorque, 4×4, malette de maçonnerie… et utilise la location pour le gros matériel dédié aux chantiers importants de création dont il se sert plus occasionnellement tel que les mini-pelles.

Pour promouvoir son activité, il est partenaire d’événements locaux. Mais sa meilleure publicité c’est le bouche-à-oreille dû à un travail de qualité.

Par ailleurs, pour évoluer, Pascal Noyel a voulu se tourner vers le service à la personne. Mais le dispositif est très lourd. En effet, deux structures doivent être créées avec deux comptabilités distinctes. Le manque de temps et la lourdeur administrative l’ont fait abandonner ce projet.

 

Où puiser son inspiration ?

Pascal Noyel n’appartient à aucun réseau institutionnel. Il s’est créé, au fil de années, son propre réseau de paysagistes, électriciens, élagueurs, pisciniers… avec qui il échange et travaille pour les chantiers plus complexes.

Très curieux, il trouve son inspiration tout autour de lui en regardant les espaces verts qui l’entourent que ce soit les espaces publics (ronds-points, parcs et espaces verts…) ou les jardins des particuliers chez qui il intervient.

Il se rend également au salon Paysalia qui a lieu tous les deux ans à Lyon pour se renseigner sur les nouveautés, les tendances et engranger un maximum d’informations.

 

Un avenir tout tracé ? Pas si sûr…

Passionné par son métier, quand on lui pose la question de savoir ce qu’il souhaite pour les années à venir, la réponse en devient presque évidente. Continuer de faire ce qu’il aime et pouvoir en vivre. Mais après réflexion et 30 ans sur le terrain, à entretenir et créer des espaces verts de qualité, un autre rêve se dessine… Pourquoi pas se tourner davantage vers le côté commercial, lui qui aime le contact avec les autres ? Mais pour cela, il faudrait embaucher quelqu’un en qui il pourrait avoir une entière confiance pour représenter sa société sur le terrain pendant qu’il cherche de nouveaux clients, son double, son clone… Pas si facile et un pari coûteux !

 

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